Faut-il faire confiance aux signaux de trading ?

signaux de trading

Les signaux de trading sont en vogue depuis quelques années. Ils permettent, sur le papier, de profiter de l’expérience d’un trader chevronné et de participer, moyennant un abonnement, à ses performances. Cette pratique a vu le jour avec l’émergence du trading social mais est en proie à quelques dérives. N’en tirons pas pour autant des conclusions hâtives, cet article dresse un bilan de cet environnement dont la conclusion nous permettra de juger s’il est possible, ou non, de faire confiance à ces services.

Qu’est ce qui nous attire dans les signaux de trading ?

Le trading étant complexe et les performances difficiles à obtenir pour beaucoup, c’est avant tout l’appât du gain qui nous pousse à nous intéresser à ce type de service. Surtout que les performances affichées par les fournisseurs de signaux sont toujours extraordinaires. Alors nous allons nous intéresser aux différents besoins que nous avons et qui, en les complétant, font le succès des signaux de trading.

L’envie de gagner et vite (impatience) :

L’impatience est pour moi l’une des causes principales. Quant on commence à s’intéresser au trading c’est qu’on a l’intention, le projet, de gagner de l’argent grâce à notre épargne disponible. Et même si nos connaissances en trading sont encore limitées, on se dit que c’est simple, que l’on va apprendre vite et se lancer. Pourtant l’investissement est un marathon, le marché ne vous fait aucune promesse de gains à court-terme ou long-terme. Au contraire, on a vu en 2018 que le marché pouvait se déprécier de plus de 11% pour gagner plus de 28% l’année suivante (source CAC40). Ceux qui vous font des promesses de liberté financière et de rentes mensuelles extraordinaires en quelques jours sont des menteurs, tout simplement. Ils souhaitent attirer un public de méconnaisseurs dans le but de générer des commissions avec un broker. Pour moi le trading c’est l’investissement d’une vie, il faut être prêt à établir un bilan sur plusieurs années, cela vaut donc le coup de commencer cet investissement par quelques mois de formation et d’apprentissage. Le marché ne disparaitra pas, il n’y a pas d’urgence, il sera encore là dans 20 ans, alors ne soyez pas impatient.

L’apparente facilité :

Qui a-t-il de mieux que de suivre un signal ? le fournisseur nous dit quand rentrer en position, sur quel actif, avec quel niveau de STOP (quand STOP il y a…). Nous n’avons rien à faire sauf à être présent devant le PC ou une plateforme de trading mobile. Nous n’avons pas besoin de connaissance approfondie en trading, MIEUX, le fournisseur de signaux nous affirme proposer, de temps en temps, des modules de formation gratuits. On profite donc de ses performances et de ses compétences. La vie est belle. En réalité, tout n’est pas aussi joyeux et c’est le sujet du deuxième paragraphe.

L’appât du gain :

Avez-vous pu remarquer les performances exceptionnelles des vendeurs de signaux ? étrangement exceptionnelles compte tenu des performances moyennes perdantes mis en évidence par L’ Autorité des Marchés Financiers[1]. Pour des apprentis trader dont personne n’a jamais entendu parlé, ni dans la sphère professionnelle, ni dans les écoles de formation.

Leurs performances font souvent l’éloge de gains mensuels proche ou supérieur de 10%, des taux de réussite de plus de 80% et aucun mois en négatif. L’appât du gain prend alors le dessus sur la raison. « Et si moi je pouvais obtenir ces résultats ? » mais en réalité tout n’est pas si rose, et la plupart des clients perdent de l’argent, étrange.

Le sentiment de supériorité :

Ces « performances exceptionnelles » activent chez nous un sentiment d’infériorité. Le fournisseur de signaux en s’illustrant avec de belles voitures, dans de beaux endroits, et en affichant des performances (que personne ne vérifie) supérieures à nous, va créer, chez nous, une envie de lui ressembler donc de le suivre. En réalité c’est un jeu d’acteur dont personne ne peut véritablement confirmer les vérités.

A quelle réalité est confronté l’abonné d’un service de signaux ?

Si nos besoins semblent comblés temporairement par l’adhésion d’un nouveau service, les désillusions arrivent très rapidement. Preuve en est, les abonnements ne fonctionnent pas avec ces services, on vous propose plus facilement, en contrepartie, de rejoindre un broker partenaire (souvent non régulé par l’AMF). Ce même broker en versant des commissions, de plusieurs centaines d’euros par inscription au fournisseur, lui assure un revenu sans même devoir trader réellement, ni fidéliser son client dans le long-terme. La quête du nouveau client est plus importante et cela fonctionne puisque l’activité perdure.

Commissions VantageFX[2]

Dans ce paragraphe, nous allons nous intéresser à ce qui ne fonctionne pas, ce qui ne peut pas fonctionner et les dérives générées par cette pratique :

Le manque d’apprentissage et d’autonomie :

Le trading à la dangereuse capacité de paraitre facile de premier abord. Sauf que, quand on s’intéresse de plus près à ce domaine, on remarque que la somme des connaissances à acquérir pour le maitriser se relève conséquente. On peut donc vite perdre la motivation et être désorienté quant à la bonne formation de trading à réaliser. Les signaux de trading pallient ce problème, mais attirent un public trop « néophyte » malheureusement. Les groupes de discussion ne permettent pas d’évoluer. Les sujets évoqués et la compréhension de certains participants sont parfois aberrants pour une activité que je rappelle, risquée. Vouloir suivre quelqu’un ou quelque chose sans avoir la capacité de le comprendre ou de le remettre en cause est un risque en plus.

Le besoin de réactivité :

Ceux qui investissent avec des signaux font généralement du day-trading, c’est-à-dire qu’ils investissent dans la journée, et plus rarement pour plusieurs jours. Cela vous oblige donc à être constamment connecté pour être averti des signaux et pour pouvoir les suivre avec le maximum de réactivité possible. Car au moment de la prise du signal par le fournisseur, de sa communication à la communauté, de sa lecture (par vous) et de sa prise en compte dans votre plateforme de trading, il peut se passer plusieurs minutes. Ces minutes en cas de grande volatilité peuvent rendre le signal caduque ou pire, vous faire perdre de l’argent si vous ne rentrez plus au bon moment.

La différence de cotation :

Pour un même actif comme le DAX, vous pouvez analyser ses variations sur le cash, c’est-à-dire la cotation réelle disponible pour les professionnels. Mais aussi les futurs, qui sont des contrats à terme standardisés ou encore les CFD (Contract For Differences) employés par la majorité des courtiers qui, eux, sont des produits dérivés. L’idée de cet article n’est pas de rentrer dans la définition précise de ces différents contrats mais il est important de connaitre sur quel type de produit intervient votre fournisseur et vous-même. En effet, il existe des différences de cotation qui peuvent rendre les signaux incompréhensibles.

Sur le DAX, il existe 12 points de différence entre le contrat future et le CFD, c’est énorme et cela rend les comparaisons impossibles. Si on vous demande de shorter le point haut à 13 350 points (cotation future) mais que votre point haut à vous est à 13 338 points (cotation CFD), vous allez attendre les 13 350 points sans, peut être, ne jamais les voir. Compliqué alors de suivre quelque chose si on ne parle pas la même « langue ».

La transparence du fournisseur de signaux :

C’est une dérive classique des fournisseurs de signaux. Cette dérive c’est celle de taire les trades perdants ou de minimiser la perte (je suis sortie BreakEven de mon côté) et, a contrario, d’encenser les trades gagnants nous laissant croire qu’il n’y a que ça. Il est très rare d’obtenir un bilan fiable, suivi, d’un ensemble de trade sur plusieurs années. Dès lors le bilan réalisé sur déclaration n’a aucune valeur et je vous invite à les remettre en cause.

Les arnaques et les voleurs d’information :

Je ne vais pas citer mes sources pour ce paragraphe pour ne pas nuire à quiconque, mais j’ai trop vu de fournisseur de signaux qui utilisaient les signaux d’autres service. Le terme fournisseur prend alors tout son sens. Le fournisseur, à défaut d’être capable de vous proposer sa propre expertise, vol l’expertise d’autres fournisseurs. C’est alors tout un réseau de signaux qui se baladent sur internet sans réellement savoir qui est à l’origine de quoi, une honte.

La recette du succès : suivre sa propre voie.

Moses Isegawa

La conclusion est sans appel, suivez votre propre voie, fuyez ce milieu. Le seul intérêt que je vois dans les vendeurs de signaux et de pouvoir échanger (sauf dans les canaux) avec d’autres personnes partageant le même intérêt. Mais on se rend juste, très vite, compte que beaucoup de personnes sont bloquées dans des schémas comportementaux perdants et qu’ils n’ont pas le recul pour changer. Très peu de personne sont en capacité de vous faire grandir, sauf si vous êtes un réel débutant. Vous serez cependant, par voie de conséquence, influençable, faites attention.


Références


Par Christopher LFT

Cadre du secteur privé, à l'aise avec les chiffres et investisseur particulier passionné par la finance. Je suis acteur / consommateur du trading francophone depuis plus 5 ans. Devenu autonome, j'ai décidé de vous apporter mon retour d'expérience et ma compréhension des marchés, qui est bien différente de ce que vous propose les vendeurs de rêves.

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