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Comment Warren BUFFETT a t-il vraiment construit sa fortune ?

warren buffett

Un temps homme le plus riche du monde, en 2008, avant que la crise financière des subprimes ne vienne perturber sa croissance fulgurante, Warren BUFFETT est toujours dans le podium des hommes les plus riches du monde en 2019 et est considéré comme le meilleur investisseur au monde. Sa fortune, estimée à 89 milliards de dollars, a été construite en grande partie grâce aux marchés financiers.

Fondateur et associé de la société d’investissement Berkshire Hathaway, qui compte Bill GATES à son directoire, il utilise des stratégies d’investissement long-terme qui lui permettent de générer un rendement annuel moyen de 20% depuis 30 ans. Performances bien supérieures aux rendements des principaux indices américains. Alors nous allons, comme à notre habitude, dresser une rétrospective complète pour tenter de comprendre comment Warren BUFFETT (et non BUFFET) a construit sa fortune et, peut être, casser certaines croyances.

Warren BUFFETT est né pour l’argent

Fils d’Howard BUFFETT, homme politique américain mais avant tout homme d’affaires puisqu’il créa en 1931 sa société de courtage peu après la naissance de Warren. Élevé dans une famille aisée, Warren BUFFETT prend goût à gagner de l’argent, dès son plus jeune âge, grâce à des investissements passifs et rémunérateurs[1] :

  • A 11 ans, il acheta ses premières actions Cities Service Compagny, développa sa patience – l’action ayant chuté à la suite de son investissement – et revendra quelques temps après sur un léger gain. Le cours de l’action Cities Service Compagny pris ensuite une hausse éblouissante. Warren s’en mordra les doigts, il compris qu’il ne fallait jamais vendre précipitamment.
  • A 15 ans, il investit ses économies dans des terres agricoles qu’il loua ensuite à des fermiers.
  • A 17 ans, il fait l’acquisition d’un flipper, puis 3, avec l’un de ses amis. Il gagne un peu d’argent en positionnant ses équipements chez des commerçants et revend son activité peu après générant une belle plus-value.

Il travailla en parallèle de ses études, dès 13 ans, comme livreur de journaux et déclara “qu’il sautera du plus haut immeuble d’Omaha s’il n’était pas millionnaire à 30ans[1]. Aussi brillant qu’arrogant, il s’estime dans la vie active à la fin de l’adolescence. Il déteste l’école et considère être plus intelligent que certains de ses professeurs… le ton est donné.

De l’argent qu’il utilise intelligemment, quelque peu radin ?

Pour justifier les capacités extraordinaires qu’a Warren BUFFETT à conserver ses placements, sans retirer d’argent qui lui aurait fait payer des impôts, il est coutume de lire que Warren n’est qu’un radin.[2] C’est quelqu’un en réalité de beaucoup plus intelligent que ça, qui s’amuse à garder les autres pauvres, pendant que lui s’enrichit. A l’âge de 13 ans, lorsqu’il distribuait des journaux, gagnant ainsi de l’argent régulièrement, il aurait pu réaliser sa première déclaration fiscale et aurait déduit, pour frais professionnel, sa bicyclette de service. C’est le début de l’art et la manière de conserver l’argent dans sa poche.

Mais il l’assume et l’annonce “Elle (ma secrétaire) paie plus d’impôts que moi” disait-il. Depuis l’âge de 26 ans, âge où il créa sa propre société, il ne se versa plus de salaire pour limiter les impôts.

De là, croire qu’il ne vit que très modestement, à ne manger que quelques burgers (McDonald’s) qu’il adore et boire du Coca Cola dans sa maison achetée en 1957 pour 31 500$, serait une hérésie. Bien que sa discipline de fer et ses convictions ne lui permettent pas de faire n’importe quoi, il est dur de croire que Warren puisse se priver de quoi que ce soit et ces quelques chiffres nous confirme dans cette croyance :

  • Sa maison serait estimée aujourd’hui à 650 000$. [3]
  • Il joue au golf avec des amis, et au bridge avec Bill GATES…
  • Il se déplace en jet privée, d’abord par tranquillité – sa fortune lui entrainant célébrité – puis parce qu’il adore.
  • La plupart de ses charges, frais, sont payés par ses entreprises.
  • Les dons qu’il réalise servent à transmettre son patrimoine (à ses enfants notamment) tout en se déchargeant des impôts. [4]
  • Il aurait une maison de vacances estimée à 11 millions de dollars.
  • Il rôle en Cadillac, qui est, quel que soit le modèle considéré comme une marque premium.

Même si sa vie peut paraitre frugale par rapport à ses milliards et aux autres personnes publiques médiatisées, il ne peut pas, cependant, être comparé à un “pauvre”.

Des performances boursières que l’on peut relativiser

On ne va pas remettre en cause l’immense fortune générée par Warren mais il est bon quelquefois de relativiser les performances boursières de l’investisseur. Et pour cela Charles DEREEPER nous offre la vidéo suivante que nous allons aussi décrypter, car elle me parait sur certains points intéressantes mais pas exhaustives.

Ce que l’on apprend : même les meilleurs ont des passages à vide.

C’est l’une de ses principales forces, de toujours se relever, comme il le fera surement après la crise financière liée au coronavirus. Sa principale société Berkshire Hathaway (société d’investissement), nous permet de suivre ses périples boursiers. Pendant 14 ans, la société n’a pas généré de profit, n’a pas généré de rendement positif.

Le cours Berkshire Hathaway accuse, pendant l’éclatement de la bulle internet, 51% de régression qu’elle mettrait 5 ans et demi à rattraper. Puis en 2008, pendant la crise des subprimes, l’action perdait 54% de sa valeur qu’elle mettra 4 ans à rattraper. Enfin en 2015, une correction de 18% empêcha l’action de progresser pendant 2 ans. Aujourd’hui, à l’heure où j’écris (20/03/2020) la crise sanitaire liée au coronavirus à déjà fait chuter le cours de la société de 28% et annonce une longue période de réémission.

Mais il n’est pas possible de croire pour autant que Warren BUFFETT n’a pas gagné d’argent pendant ces 14 années. Les principaux revenus de Berkshire Hathaway sont également des revenus de sociétés d’assurances (GEICO et GEN RE)[5] dont le business model est d’encaisser de l’argent (les clients achètent la couverture d’un risque) et le conserver pour son utilisation privée (les assurances n’aimant pas couvrir le risque en question). Ces revenus additionnés aux frais prélevés par la société d’investissement à ses clients (son entreprise gérant l’argent d’autres investisseurs) constituaient des rentrées d’argent indépendantes des cours de bourse.

Ce que l’on apprend : l’utilisation d’un levier.

1.6. C’est le levier utilisé par le milliardaire. C’est d’autant plus étonnant que ce dernier considère que l’utilisation du levier est dangereuse. En clair avec ce levier, il pouvait investir 1 600 000€ avec 1 000 000€, avec des frais extrêmement compétitifs grâce à sa réputation de très bon investisseur. Warren justifie l’utilisation du levier par une sélection des valeurs très rigoureuse qui lui aurait permit de limiter les pertes lors deux précédentes crises financières.

La force des intérêts composés

Les intérêts composés sont le Graal au cœur de toute stratégie d’investissement à long-terme. Le principe des intérêts composés consiste, à partir de son investissement initial, de toujours réinvestir les profits de manière à ce que ces derniers augmentent exponentiellement.

Les informations recueillies sur internet sur sa fortune nous permettent de reconstituer cette courbe exponentielle créait par :

  • Des performances boursières, sur cette période, exceptionnelles. Le S&P500 en total return (c’est-à-dire dividende réinvestis) affichent une performance moyenne annuelle de 13%[6]. La performance des 20 dernières années n’est que de 8%…
  • L’utilisation d’un effet de levier de 1.6.
  • La gestion de la volatilité lui permettant de limiter les pertes lors des crises.
  • Des profits réalisées avec ses sociétés.
  • Sa diversification des investissements (option, économie américaine).

Évolution de la fortune de Warren BUFFETT
Reconstitution de l’évolution de la fortune du milliardaire

L’art de la négociation, un culot hors pair.

Mais l’élément principal auquel personne ne s’attarde est peut être celui-ci : son culot. Car le milliardaire est avant tout aussi brillant que patient et ne cherche pas à acheter des actions, comme vous et moi, mes des accords avec les sociétés.

Les anecdotes qui vont suivre sont peu vérifiables car les sources sont faibles. Elles illustraient un côté un peu plus obscur de l’investisseur, qui aurait d’ailleurs, fait l’objet d’une enquête à l’âge de 46 ans pour manipulation de cours d’un penny stock (action à petite capitalisation)[7]. L’image de Warren maintenant bien établie comme conseiller, expert de la finance (vieux sage) pourrait en prendre un coup avec les histoires suivantes :

  • A l’âge de 21 ans, il prit un train de sa propre initiative en direction de Washington un samedi matin, pour échanger avec Benjamin GRAHAM, son professeur, également membre du conseil d’administration de GEICO. Il frappa la porte du siège social de la compagnie d’assurance jusqu’à ce que quelqu’un lui ouvre. Ce fut le vice-président de la compagnie avec qui il échangea 4 heures.
  • Vers l’âge de 30 ans, il s’intéresse aux petites entreprises. Avant d’avoir énormément d’argent, l’actionnaire investit dans des entreprises qui s’échangeaient en dessous de leurs valeurs liquidables (correspondant à la somme récupérable après la liquidation d’une entreprise). En réalisant ce type d’investissement, il se permit d’appeler le PDG d’une société qu’il venait en partie d’acheter. Avec l’argent qu’il venait d’injester, il proposa au PDG, sous forme d’un conseil, de racheter ses propres actions afin de limiter le nombre disponible et de mécaniquement faire monter le cours. Le PDG accepta. La plus-value fût directe pour Warren.[8] Puis il recommença, avec la même société mais cette fois-ci, lui et le PDG ne se mit pas d’accord. Énervé, Warren acheta plus de 50% de l’entreprise et fit virer le PDG. Quelque peu autoritaire !
  • En 2008, il s’intéressa à l’action GOLDMANS SACHS qui avait fortement chuté suite à la crise des subprimes. Au lieu d’investir, comme un investisseur lambda que nous sommes, il rechercha un accord. Il appela l’entreprise et conclut un marché. Il put obtenir 50 000 000 000 d’actions à un prix décoté de 15% mais surtout, conclut un accord en cas de faillite de la banque. L’actionnaire devait se faire rembourser avant tout les autres actionnaires. Sans compter qu’il aurait également négocier ses dividendes, nettement supérieurs aux dividendes normaux. Deux années plus tard, la banque racheta ses actions privilégiées pour 5,640 milliards de dollars. Mais Warren continuait de faire des plus-value grâce aux bons de souscription qu’il avait obtenu gratuitement. Il aurait gagné 4 milliards de dollars sur cette seule opération avec très peu de risque.[8]

Que penser de ses conseils en bourse ?

On ne peut pas remettre en cause que Warren est aussi un excellent stock picker. Il sélectionne des valeurs, des entreprises dans laquelle il a une vision d’avenir long-terme. C’est la partie la plus documentée du personnage, et comme il aime se différencier de la masse, j’ose croire que c’est volontaire de sa part. Il a livré de son expérience des conseils boursiers d’excellence et directement applicables :

Si jamais vous vous retrouvez dans un bateau qui coule, l’énergie pour changer de bateau est plus productive que l’énergie pour colmater les trous.

N’achetez que ce que vous seriez parfaitement heureux de conserver si le marché fermait pendant 10 ans

Mieux vaut acheter une entreprise extraordinaire à un prix ordinaire qu’une entreprise ordinaire à un prix extraordinaire.

Mais nous n’allons cependant pas reprendre les ratios d’analyse fondamentale que l’on retrouve sur internet puisque les exemples d’investissement que je partage ont montré qu’il n’utilisait pas toujours son horizon long-terme comme il aime à le rappeler. Son parcours d’entrepreneur, de visionnaire, son audace qui lui permit de se séparer de son hedge fund pour acheter une compagnie d’assurance (bien plus rentable), ont bien plus contribué à sa fortune. Et ce parcours, commencé dès son plus jeune âge, n’est pas reproductible. Mais je pense qu’il n’est pas ridicule de s’en inspirer pour nous amener vers la richesse.

La marque BUFFETT lui rapporte beaucoup d’argent

Aujourd’hui l’investisseur est une véritable cash machine et même si, il annonce que placer 89 milliards d’euros en bourse est structurellement plus compliqué que les millions de dollars de ses débuts, il gagne de l’argent dans tout ce qu’il entreprend.

Quand le milliardaire vend sa voiture au enchère, une Cadillac cotée entre 12 000$ et 13 000$, elle part à 122 500$ (10 fois sa valeur).[9] Le milliardaire est mondialement connu, vends des livres, est médiatisé et se permet même de vendre aux enchères des déjeuners en sa présence. Le dernier déjeuner connu a été acheté 4 millions de dollars par un jeune entrepreneur.[10]

Tout porte à croire que la marque BUFFETT et l’intérêt croissant des investisseurs pour son parcours et sa société Berkshire Hathaway ont largement contribué à l’accroissement de sa richesse ces dernières années.


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2 commentaires
  1. Bonjour,

    encore une fois, un article très très intéressant!
    Je n’ai pas laissé un commentaire sur chaque page, mais j’ai presque lu l’intégralité du site. Il était donc temps de vous remerciez pour ces réflexions, analyses, et présentation de tout ces sujets.

    Je vais rester un lecteur régulier.
    Bravo encore pour cet excellent boulot, ça fait plaisir !

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